La lutte contre Boko Haram : définition, limites et perspectives

Par Xavier Auregan, Chercheur affilié au Centre de recherches et d’analyses géopolitiques (CRAG) de l’Institut français de géopolitique (IFG) et associé au Conseil québécois d’études géopolitiques (CQEG) de l’université Laval

xavierauregan@hotmail.com

 

 

Boko Haram est un mouvement terroriste et insurrectionnel d’origine nigériane ayant pour idéologie le salafisme djihadiste, et pour objetcif l’instauration d’un califat appliquant la charia. En 2013, au plus fort de sa diffusion spatiale, Boko Haram était implanté au Nord-Est du Nigeria, aux Nord et Nord-Ouest du Cameroun, au Sud-Est du Niger et à l’Ouest du Tchad. Cette zone transfrontalière se caractérise par le Lac Tchad et la Commission afférente[1], des frontières historiquement poreuses et conséquemment peu contrôlées, ainsi que des migrations saisonnières amplifiées par des crises géopolitiques, humanitaires et environnementales, conjoncturelles comme structurelles. En sus de territoires nigériens (Diffa) et camerounais, cette emprise territoriale de près de 200 000 km² comprend principalement quatre états nigérians : Adamawa, Borno, Gombe et Yobe. Comptant seulement 12 millions d’habitants dans un pays de 190 millions en 2017, ce vaste territoire est peu densément peuplé avec 80 hab/km² en comparaison de la moyenne nationale (200 hab/km²) et est surtout périphérique : au Nigeria, mais également au Cameroun (régions Nord et Extrême-Nord) et au Niger (région de Diffa). Seules plusieurs agglomérations nigérianes et la capitale tchadienne, N’Djamena, font office de zones urbaines polarisantes.

 

Périphérie d’une région se situant entre l’Afrique centrale et le Sahel, eux-mêmes périphériques en comparaison des façades maritimes extraverties du continent, cette zone d’implantation de Boko Haram est le fruit de plusieurs facteurs socio-économiques, culturels, historiques et géographiques. Ils mettent en exergue la difficile, mais néanmoins relativement efficace lutte contre ce mouvement. Les limites actuelles de la Force multinationale mixte (Multinational Joint Force Task, MNJTF), composée d’environ 10 000 militaires[2] des armées nigériane, camerounaise, béninoise, nigérienne et tchadienne et ayant pour mandat la lutte contre l’insurrection du mouvement, doivent par conséquent être appréhendées à travers ces facteurs qui, en termes de perspectives à moyen terme, ne peuvent inciter à l’optimisme.

 

Carte : Localisation et aire d’influence de Boko Haram

 

Carte

Source : PÉROUSE DE MONTCLOS M-.A., « Boko Haram et la souveraineté du Nigeria : une histoire de frontières », Hérodote, vol. 159, n° 4, 2015, pp. 58-75.

 

Origines et évolution de Boko Haram

 

Le mouvement syncrétique Boko Haram fut créé en 2002 à Maiduguri (état nigérian du Borno) par Mohamed Yusuf, prédicateur originaire de l’état de Yobe. Jusqu’en 2009, année de sa dernière arrestation, du début de l’insurrection généralisée et de sa mort, M. Yusuf n’a pas pour ambition la création d’un groupe terroriste à proprement parler. À la fois confrérie (yusufiyya), mouvement anticolonialiste, sécessionniste et socioreligieux qui entend appliquer la charia, Boko Haram peut être qualifié de sectaire, totalitaire et intégriste, mais il demeure éloigné du modèle salafiste d’Al-Qaïda, voire de Daesh. Djihadiste, Boko Haram développe un programme et des revendications politiques tendant vers l’établissement d’une république islamique intégriste, soit les lois islamiques de la charia partiellement en vigueur depuis le XIe siècle dans cette région. S’appuyant sur des œuvres sociales, des relais politiques[3] et religieux, Boko Haram et Mohamed Yusuf en premier lieu vont notamment épargner la confrérie Qadiriyya qui incarne le mieux l’esprit révolutionnaire d’Usman dan Fodio, soit du califat de Sokoto (Encadré). Ainsi, jusqu’en 2009, la secte Boko Haram n’a de cesse de dénoncer la corruption généralisée des élites nigérianes, l’inégale distribution des richesses, le néocolonialisme et la paupérisation du Nord du Nigeria, considéré – à raison – comme le parent pauvre et délaissé du pays indépendant depuis 1960. Boko Haram, appellation polysémique qui renvoi à livre, sorcier et mensonge, ou plus largement à « l’éducation occidentale est un péché », va ainsi profiter d’un terreau historiquement fertile pour prêcher le jihad : faible scolarisation et fort analphabétisme incarné par les mendiants itinérants (almajirai ou talibé), faibles émanations de l’État nigérian et de ses représentations décentralisées, informalité, pauvreté, fraudes électorales lors des élections présidentielles de 2003 et de 2007, rapport ambigu à l’État à travers les micro-États lamidats[4], etc.

 

Usman dan Fodio et le califat de Sokoto 

Le 21 février 1804, l’imam peul Usman dan Fodio, menacé par Younfa, roi du Gobir (cité-État faisant partie des sept royaumes haoussa, dont les gouvernants étaient animistes), se réfugie à Gudu. Sa fuite est assimilée à celle de Mahomet et dan Fodio se proclame alors commandeur des croyants. Annexant les royaumes haoussa limitrophes à l’aide de ses douze fidèles (émirs), il impose la zakat (impôt) et la charia au sein d’un califat nommé Sokoto, lui-même situé à l’Ouest du califat de Borno. Ayant pour capitale Kano, le califat de Sokoto attire les musulmans de cette vaste région incluant le Nord du Cameroun et localement contrôlée par les lamidats, soit les chefferies traditionnelles musulmanes. Décédé en 1817, Usman dan Fodio a intronisé deux ans auparavant son fils, Mohammed Bello, qui va successivement entrer en conflit avec Touaregs et Haoussas, avant de pacifier et étendre le califat jusqu’à sa mort en 1837. Jusqu’en 1903, année où les Britanniques s’emparent de Kano et Sokoto, le califat est en proie à de nombreux conflits, révoltes et revendications. En Afrique de l’Ouest et Centrale, le califat de Sokoto demeure une référence islamique historique et revendiquée : c’est, avec le califat de Borno, le principal territoire subsaharien où la charia a strictement été appliquée

 

L’autre facteur ayant facilité la diffusion spatiale de Boko Haram tient dans la géographie de cette région. Effectivement, Boko Haram, qui s’est développé à partir de Maiduguri (Borno), bénéficie de la proximité de la forêt de Sambisa et des monts Mandara faisant frontière avec le Cameroun. C’est d’ailleurs à Gwoza que sera fondé le califat le 24 août 2014. Peu contrôlable avec les moyens dont disposent les autorités camerounaises et nigérianes, cette zone accidentée qui dépasse fréquemment 900 mètres d’altitude présente, outre sa topographie, d’autres avantages pour Boko Haram : la présence historique de principautés peules (lamidats) s’autogérant et qui font montre d’une défiance historique vis-à-vis des pouvoirs centraux camerounais et nigérians, un désintérêt de la part de ces derniers, ainsi qu’une diversité ethnique (Peuls, Arabes Choas, Kotokos, Kanouris, Haoussas) de part et d’autre de la frontière qui permet aux membres de Boko Haram de se fondre dans la population. Par ailleurs, cette zone de repli n’est pas favorable au renseignement, Boko Haram se déplaçant en petits groupes et rapidement à l’aide de motos peu onéreuses et originaires de Chine, soit des engins au service de la délinquance armée. Enfin, les contentieux, rivalités de pouvoir, conflits frontaliers, faibles partages de renseignements et d’informations, méfiances et incompréhensions entre Camerounais et Nigérians sont également un frein à l’intervention coordonnée et efficace des armées nationales dans cette zone des monts Mandara, en atteste l’interdiction du droit de poursuite des Camerounais sur le territoire nigérian jusqu’en 2015.

 

En 2009, les nombreux combattants et jeunes violents venus grossir les rangs de Boko Haram, les violences de l’armée nigériane – originaire du Sud et peu préparée à intervenir au Nord dont elle ne connait ni les coutumes, langues et codes – ainsi que la radicalisation de Boko Haram vont entrainer l’arrestation de Mohamed Yusuf et son assassinat en pleine rue. Cette énième exaction est vue comme une vengeance étatique extrajudiciaire et va précipiter la prise de pouvoir de la frange radicale de Boko Haram, incarnée par Abubakar Shekau, et faire passer le mouvement d’un islam rigoriste et « élémentaire », à des thèses djihadistes sectaires se matérialisant par des actes terroristes. Entre 2010 et 2015, Boko Haram devient le Groupe sunnite pour la prédication et le jihad (Jama’atu Ahlis Sunna Lidda’Awati Wal-Jihad) et prête allégeance à Daesh le 7 mars 2015, devenant sa province d’Afrique de l’Ouest (Wilāyat al-Sūdān al-Gharb). En août 2016, confronté à des pertes humaines et territoriales induites par les interventions de la Force multinationale mixte (FMM), Boko Haram se divise : A. Shekau est remplacé par Abou Mosab al-Barnoui, le premier créant une faction reprenant la dénomination de Groupe sunnite pour la prédication et le jihad. Bien que positive, l’intervention coordonnée de la Force régionale n’en présente pas moins de nombreuses limites qui, d’une part, attentent directement au principal objectif, l’éradication de Boko Haram, et d’autre part, impactent les perspectives d’évolution à court et moyen termes.

 

Les limites de la lutte contre Boko Haram

 

Plurielles, diversifiées, mais enchevêtrées, les limites de la lutte à l’encontre du mouvement Boko Haram doivent être appréhendées d’un point de vue multiscalaire, pluridisciplinaire et multidimensionnel. De fait, l’intervention militaire de la FMM ne peut, d’une part, être isolée des dimensions politiques, géopolitiques, sociales, économiques et culturelles, et d’autre part, de la nature même de Boko Haram et de ses modes opératoires, qui ont fortement évolué ces dernières années. Début 2018, force est de constater que la FMM a certes impacté militairement Boko Haram, ou plutôt les deux factions de Boko Haram, mais que l’éradication semble illusoire. Ce postulat s’appuie dans un premier temps sur les carences et l’effectivité de l’opérationnalité de la FMM, ainsi que sur la vulnérabilité du territoire nord-nigérian dans un second temps.

 

Premièrement, les limites militaires doivent principalement être imputées à l’armée et à l’État nigérians. Traditionnellement, les éléments généraux et suivants qualifient l’armée fédérale : corruption, impréparation, luttes internes, incohérences dans la chaîne de commandement, attitudes néfastes menant à des exactions, etc. De la même manière, certains de ces qualificatifs peuvent être attribués à l’État fédéral, qui plus est sous la présidence de Goodluck Jonathan (2010-2015) lorsque le cas Boko Haram fut instrumentalisé en interne et dans un but électoraliste. Quant à la lutte contre Boko Haram stricto sensu, d’autres facteurs sont à déplorer, dont le choix de mener une contre-insurrection classique et de privilégier les objectifs militaires au détriment des politiques, la posture ultra-offensive choisie par l’état-major – qui connait relativement peu la base militaire –, la faible capacité de l’armée à capitaliser après les revers infligés à Boko Haram, ou encore les choix menant à utiliser le bombardement au détriment d’opérations terrestres. Ces manquements, insuffisances et erreurs stratégiques nigérians se sont naturellement répercutés sur la FMM. Ainsi, son architecture, les règles d’engagement et les objectifs ont paralysé la Force jusqu’à l’arrivée au pouvoir, en mai 2015, de Muhammadu Buhari, musulman originaire du Nord (Katsina). Les nombreux changements d’ordre esthétique au sein de la FMM n’ont, en revanche, pas caché ses insuffisances et problèmes structurels : luttes et rivalités de pouvoir, mouvements d’humeur et grèves, tergiversations, initiatives nigérianes unilatérales non concertées, faibles évaluations des capacités humaines, techniques et matérielles, carences en termes de préparation des opérations, de la planification et du chronogramme, faible remise en question, et finalement, sectorisation s’apparentant à un repli national.

 

Secondement, le Nord du Nigeria et le bassin du lac Tchad plus globalement constituent des terreaux favorables à ce type de mouvement armé insurrectionnel. En cela, les risques sécuritaires sont intimement liés au sous-développement qui affecte cette région. En sus des éléments rappelés infra, les autorités nigérianes et régionales sont confrontées à un phénomène de rupture au sein de ces sociétés déjà fort vulnérables et très peu résilientes. L’affaiblissement des structures institutionnelles et traditionnelles dans un contexte de contrôle lâche de l’espace et des acteurs a alimenté les phénomènes de dépendance et d’imprégnation, le sentiment d’injustice et d’exclusion, induisant la récupération par Boko Haram d’une partie de cette population en manque de repères et de perspectives. Ajoutées aux très faibles pour ne pas dire inexistantes insertion professionnelle, autonomisation, gouvernance et inclusion d’une part, et aux crises régionales d’autre part (conflits fonciers, réfugiés, trafics et réseaux criminels, informalité), précarisation comme marginalisation restent en définitive deux puissants moteurs du terrorisme. L’objectif de la FMM et de ses partenaires internationaux étant d’oblitérer la capacité de nuisance de Boko Haram, plusieurs pistes peuvent être proposées en vue de remédier à ces différentes limites.

 

Quelles perspectives dans la lutte contre Boko Haram ?

 

Interdépendantes, les actions à mener sont autant sujettes à améliorer le quotidien des populations du Nord-Est nigérian que militaires à travers l’action de la FMM. Dans ce cadre, il semble indispensable d’enrayer le délitement social qui a atteint son paroxysme en 2013-2014 et qui ne s’est guère amélioré depuis. Une politique pro-active et ambitieuse doit être menée en faveur de ces populations nigérianes laissées-pour-compte, mais également envers les réfugiés, ces victimes collatérales qui ne sont pas uniquement nigérianes ou installées au Nigeria. Des approches intégrées et inclusives doivent prioritairement être développées à l’égard de la jeunesse, de leur employabilité et d’activités génératrices de revenus pérennes, mais également sur la participation politique et le processus d’intégration sociale et politique, et plus généralement sur l’éducation, la formation professionnalisante et les services de base pour in fine intégrer ces territoires marginalisés. Le cas du Nord-Nigeria étant certes spécifique, mais non pas isolé, les occurrences ivoirienne, congolaise, soudanaise, libérienne ou encore malienne peuvent être réinterprétées à la lecture de l’intervention contre Boko Haram. Il semble toutefois illusoire de compter sur le seul État nigérian pour le faire, celui-ci disposant de son propre agenda politique, et d’évincer de préalables stabilisation et sécurisation des états et territoires affectés. C’est précisément le rôle de la FMM.

 

La FMM doit développer une vision holistique de son intervention et des situations locales, soit de son engagement contre Boko Haram dans cette zone transfrontalière. Ce faisant, les parties prenantes ne peuvent occulter les dimensions géopolitique, politique, sociale, économique, identitaire et religieuse qui doivent s’ajouter à la dimension prioritaire : la militaire. Effectivement, le rapprochement qui semble s’opérer entre les deux factions est très dangereux puisqu’Aboubacar Shekau et le fils ainé de Mohamed Yusuf, Abou Mosab al-Barnoui, vont coordonner tactiques, styles, ressources et cibles. Le combat « traditionnel » n’étant plus possible, les deux groupes Boko Haram s’en remettent à l’asymétrique. La FMM n’a d’autre choix que de structurer et d’appareiller les professionnels (stratégie, acteurs opérationnels, renseignement et analyse) en vue d’accroitre l’effectivité du déploiement sur place, fort perfectible, et donc de l’opérationnalité de la lutte au sein des quatre secteurs d’intervention. Souple, mouvant, profondément ancré dans ces territoires exsangues, Boko Haram doit prioritairement être combattu en amont ou durant la saison des pluies, soit avant que ses membres recouvrent leurs capacités à se déplacer et à opérer. La question du financement de la FMM est également prioritaire, la Force devant être dotée en moyens matériels, de transport terrestre et aérien, logistiques, de communication, de renseignement, de reconnaissance et de surveillance. À l’avenant, doivent être minorés les rivalités de corps et les conflits liés aux rémunérations des soldats. Enfin, la FMM aurait tout intérêt à prioriser les Opérations militaires d’influence (OMI) en vue de faire adhérer les populations à la lutte contre Boko Haram, ou ce qui en adviendra lorsque le groupe sera neutralisé. Sans remise en cause et coordination, sans moyens supplémentaires alloués, sans leadership et sans le soutien logistique et de surveillance d’assistances militaires étrangères (France, États-Unis, voire Chine), Gama Aiki (achever le travail en haoussa) semble illusoire à moyen terme.

 

  • APARD É., « Les mots de Boko Haram. Décryptages de discours de Mohammed Yusuf et d’Abubakar Shekau », Afrique contemporaine, vol. 255, n° 3, 2015, pp. 43-74.
  • PÉROUSE DE MONTCLOS M-.A., « Boko Haram et la souveraineté du Nigeria : une histoire de frontières », Hérodote, vol. 159, n° 4, 2015, pp. 58-75.
  • PÉROUSE DE MONTCLOS M-.A., « Boko Haram et le terrorisme islamiste au Nigéria : insurrection religieuse, contestation politique ou prostestation sociale ?, Questions de recherche, CERI-Sciences Po, n° 40, 2012, 33 p. Disponible sur : https://www.sciencespo.fr/ceri/sites/sciencespo.fr.ceri/files/qdr40.pdf
  • POMEROLLE M.-E., « Les violences dans l’Extrême-Nord du Cameroun : le complot comme outil d’interprétation et de luttes politiques », Politique africaine, n° 138, 2015, pp.163-177.
  • SEIGNOBOS C., « Boko Haram : innovations guierrières depuis les monts Mandara. Cosaquerie motoriséée et islamisation forcée », Afrique contemporaine, 2014/4, n° 252, pp.149-169.

[1] Commission du bassin du lac Tchad (CBLT) comprenant le Cameroun, la Libye, le Niger, le Nigeria, le Tchad et la République centrafricaine qui a pour objectif de réguler crises, conflits et ressources en eau.

[2] Le chiffre des contingents nationaux est sujet à polémique, chefs d’État comme chefs d’états-majors indiquant des chiffres différents.

[3] C’est le notamment le cas du gouverneur du Borno, Ali Modu Sheriff, gouverneur du Borno entre 2003 et 2011.

[4] Chefferies traditionnelles pré-coloniales musulmanes remplaçant de facto l’administration dans les régions où l’Etat est défaillant ou peu représenté (Nord-Ouest du Nigeria, Nord du Cameroun).

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